Des textes pour alimenter votre prière

Un carême au temps du coronavirus

Religieuse dominicaine et médecin en prison, Anne Lécu appelle les chrétiens à se montrer « légitimistes » et appliquer les décisions sanitaires sans état d’âme, au nom du bien commun. Mais elle propose aussi une profonde méditation pour temps de solitude et de silence.

Il est 21h, le niveau 2 du plan blanc de mon hôpital vient d’être activé, ce qui signifie qu’il faut être prêt à être appelé si besoin, et La Vie me demande de réfléchir au coronavirus à partir de ma double expérience de médecin et de religieuse. Ma première réaction à cette demande est assez simple : je n’ai pas grand-chose à dire, si ce n’est qu’il nous faut être légitimistes. Faire ce que l’on nous demande de faire est sans doute le plus grand service que nous pouvons nous rendre mutuellement, au nom du bien commun. Je n’ai pas la compétence pour dire si nous fermons les écoles trop tôt ou trop tard, si nous sommes trop souples ou trop rigides, et je pense que ce n’est pour l’heure pas le sujet. Le moment n’est pas de se demander si l’on a confiance ou non dans nos autorités, il faut agir ensemble dans la même direction. Cela est vrai dans la prison. Cela est vrai dans l’Église. Je sais seulement que pour rien au monde je ne voudrais être à la place de ceux qui ont à prendre ce genre de décision. Être fidèle au Christ, où que nous soyons, c’est mettre du lien dans tout ce qui distend et abime le corps social, la méfiance, l’arrogance, le cynisme, le mensonge, la lâcheté et la division.

 

3 conseils pour prier au temps du coronavirus

  1. « Le moment n’est pas de se demander si l’on a confiance ou non dans nos autorités, il faut agir ensemble dans la même direction. »

Cela rejoint d’ailleurs une attitude spirituelle somme toute assez banale : c’est quand il n’y a pas de raison de croire que la foi est la foi, car dépouillée de tout ce qui n’est pas elle, elle est alors une décision. « Je veux croire » disait Thérèse de Lisieux. Ce qui est à ma portée, c’est de décider de faire confiance aux autorités, ou à tout le moins de leur obéir. Il sera toujours temps, une fois la tornade passée, de faire un retour sur nos décisions pour mieux comprendre celles qui ont été utiles et celles qui ont été nuisibles.

Mes collègues médecins en prison, et notamment les responsables de service, s’activent depuis maintenant plusieurs jours pour tenter d’anticiper au mieux quelque chose qui n’est que difficilement prévisible. Le système carcéral italien n’est sans doute pas tout à fait superposable au français avec une part plus importante d’espace communs que nous n’avons pas dans les maisons d’arrêt. Nous ignorons donc pour l’heure comment nous allons traverser la tempête. Mais le fait que 15% des personnes infectées semblent nécessiter des soins hospitaliers, et 5% des soins intensifs, n’est pas pour nous rassurer. La population pénale de Fleury Mérogis est à plus de 4000 détenus, certes plus jeunes que la population générale. Pourrons-nous hospitaliser tous ceux qui ont besoin de l’être ? 

  1. « Ce qui va me manquer pendant ce temps de carême, ce n’est pas d’abord la communion au corps du Christ, mais le rassemblement ecclésial. »

Sur le plan ecclésial, j’avoue apprécier les réactions des responsables qui assument leur part et acceptent que la vie liturgique de leur diocèse soit chamboulée, avec notamment la fermeture d’églises, au nom de ce même légitimisme. À nous maintenant de trouver du sens à tout cela. Je réalise à quel point ce qui va me manquer pendant ce temps de carême, ce n’est pas d’abord la communion au corps du Christ, mais le rassemblement ecclésial, lors duquel ensemble nous communions au corps du Christ. L’isolement imposé nous fait réaliser que l’Église est une communion, et je trouve que l’occasion est propice pour penser à tous ceux qui sont ordinairement éloignés de la communion, parce qu’ils sont malades et isolés, parce qu’ils habitent au fin fond de l’Amazonie, ou parce que la discipline de l’Église leur demande de ne pas communier. Notre solitude imposée par temps de carême, et sans doute même pour les fêtes pascales nous oblige à prendre conscience que nous ne sommes pas chrétiens pour nous, mais pour les autres, pour le monde. Lorsque nous célébrons l’eucharistie, lorsque nous communions au corps livré du Christ, nous le faisons pour ceux qui ne sont pas là, car le corps du Seigneur est livré pour la multitude. Alors, désormais confinés, il nous faut croire que nous sommes associés à ce mystère, avec ceux qui peuvent le célébrer, car ils le célèbrent pour nous.

Il y a là un autre point de jonction entre mes deux « mondes » : les soignants vont donner de leur temps, de leur fatigue, pour les autres. À chacun de nous, en ce temps différent, de trouver ce qu’il peut faire « pour » l’autre, en étant vigilants vis-à-vis des plus âgés, des plus isolés. Voilà ce qu’est une vie eucharistique : prendre soin de l’autre, car son existence est un cadeau. 

  1. « Notre solitude imposée par temps de carême nous oblige à prendre conscience que nous ne sommes pas chrétiens pour nous, mais pour les autres. »

L’an dernier, nous étions essorés par la découverte de l’ampleur des crimes sexuels de notre Église. Nous venons de commencer le carême dans la stupeur de l’emprise exercée par Jean Vanier sur des femmes mises en situations de sujétion spirituelle. Depuis l’année dernière, j’attends de mon Église qu’elle cesse d’ajouter du malheur au malheur en parlant quand il faudrait se taire et en se taisant quand il faudrait parler. D’une certaine manière, par cette épidémie de coronavirus, l’occasion nous est donnée du silence.

Prenons le temps de lire la Bible, d’écouter la parole de Dieu, de la partager quand c’est possible avec nos proches. Prenons le temps de nous asseoir et de prier, pour ceux qui ne le peuvent pas, pour les malades, pour ce monde bouleversé et bouleversant. Humblement. Pour ceux qui vont veiller dans la nuit. Pour les pauvres qui n’ont pas de maison où être confinés, pour les étrangers qui n’ont pas de pays où s’asseoir, pour les victimes des trafics humains les plus sordides, pour tous ceux qui ont quitté nos assemblées par désespoir, mais aussi pour les méchants, pour les larrons, de qui le Christ crucifié a voulu se faire proche au point d’être confondu avec eux. Il tient en ses deux bras ouverts l’humanité éparpillée que nous sommes. Prenons le temps de nous tenir, là, au pied de la croix du Christ, comme le disait Pierre Claverie. Car, ajoutait-il, tout le reste n’est que poudre aux yeux.

Prier Saint Joseph

Prière que l’archevêque de Paris a demandé de prier à ses prêtres le 19 mars 2020 (lue à la messe en direct sur la paroisse)

Saint Joseph, Homme juste par ta foi, Tu as été trouvé digne De recevoir la garde des mystères du Salut. Toi qui as su prendre soin de la Vierge Marie, Et écarté d’elle tout danger, Tu t’es fait protecteur du Christ-Seigneur Dans la vulnérabilité de son enfance. Vivante image de la tendresse de Dieu, Modèle d’époux et de père, Tu es le gardien vigilant de l’Église, Le soutien et le consolateur des familles. Nous te le demandons avec confiance : Daigne implorer pour nous la miséricorde de Dieu en ce temps d’épidémie que nous connaissons, Afin que le Seigneur écarte de nous le mal. Intercède pour ceux qui sont morts, Réconforte les malades, Protège et inspire ceux qui les soignent. Accorde-nous de demeurer dans la confiance et la paix Et fais que nos cœurs ne se ferment pas aux besoins de nos frères, Mais demeurent ouverts à la détresse des hommes Dans un amour de plus en plus sincère et fraternel. Saint Joseph, prie pour nous, Garde-nous, Protège-nous. Amen.

Ô Saint Joseph

Ô Saint Joseph dont la protection est si grande, si forte et si prompte devant le trône de Dieu, je mets en toi tous mes intérêts et désirs. Ô Saint Joseph, assiste-moi par ta puissante intercession et obtiens pour moi de ton divin Fils toutes les bénédictions spirituelles par Jésus Christ notre Seigneur, de telle manière qu’ayant engagé ici-bas ton pouvoir céleste, je puisse offrir mes remerciements et mon hommage au Père qui nous aime.

Ô Saint Joseph, je ne me fatigue jamais de vous contempler toi et Jésus endormi dans tes bras ; je n’ose pas approcher pendant qu’Il se repose près de ton cœur. Embrasse-Le en mon nom et baise sa tête délicate pour moi et demande-lui de m’embrasser à son tour lors de mon dernier soupir.

Saint Joseph, patron des âmes du purgatoire, prie pour moi !

O glorieux saint Joseph

O glorieux saint Joseph, chef de la Sainte Famille de Nazareth, si zélé à pourvoir à tous ses besoins, étends sur …. ta tendre sollicitude et prends sous ta conduite toutes les affaires spirituelles et temporelles qui les concernent, et fais que leur issue soit pour la gloire de Dieu et le salut de nos âmes. Amen.

Prière pour tous les jours

Je vous salue, Joseph,
Vous que la grâce divine a comblé.
Le sauveur a reposé dans vos bras et grandi sous vos yeux.
Vous êtes béni entre tous les hommes,
et Jésus, l’enfant divin de votre virginale épouse, est béni.
Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu,
priez pour nous, dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours,
et daignez nous secourir à l’heure de notre mort. Amen.

La Prière du diocèse de Bordeaux

  • Dieu, viens à mon aide,
    Seigneur à notre secours.
  • Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,
    au Dieu qui est, qui était et qui vient, dans les siècles des siècles, Amen.
  • Cantique: « le Seigneur est ma lumière et mon salut  - psaume 26 »
  • (musique sur : https://www.youtube.com/watch?v=HuUXRfxZNBY)
  • R/ : Le Seigneur est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je crainte?
    Le Seigneur est le rempart de ma vie : devant qui tremblerais je?
  • J'ai demandé une chose au Seigneur
    La seule que je cherche
    Habiter la maison du Seigneur
    Tous les jours de ma vie
  • Habiter ta maison Seigneur
    Pour t'admirer en Ta bonté
    Et m'attacher à ton Eglise Seigneur
    M'attacher à ton Eglise Seigneur
  • J'en suis sur je verrai les bontés du Seigneur
    Sur la Terre des vivants
    Espère sois fort et prends courage
    Espère, espère le Seigneur

PSAUME : 90

ANTIENNE : À l’ombre de ses ailes, n’aie plus peur de la nuit.

1Quand je me tiens sous l'abri du Très-Haut et repose à l'ombre du Puissant,
2 je dis au Seigneur : « Mon refuge, mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »
3 C'est lui qui te sauve des filets du chasseur et de la peste maléfique ; *
4 il te couvre et te protège.
Tu trouves sous son aile un refuge :
sa fidélité est une armure, un bouclier.
5 Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole au grand jour,
6 ni la peste qui rôde dans le noir, ni le fléau qui frappe à midi.
7 Qu'il en tombe mille à tes côtés, +
qu'il en tombe dix mille à ta droite, *
toi, tu restes hors d'atteinte.
8 Il suffit que tu ouvres les yeux, tu verras le salaire du méchant.
9 Oui, le Seigneur est ton refuge ; tu as fait du Très-Haut ta forteresse.
10 Le malheur ne pourra te toucher, ni le danger, approcher de ta demeure :
11 il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins.
12 Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres ;
13 tu marcheras sur la vipère et le scorpion, tu écraseras le lion et le Dragon.
14 « Puisqu'il s'attache à moi, je le délivre ; je le défends, car il connaît mon nom.
15 Il m'appelle, et moi, je lui réponds ; je suis avec lui dans son épreuve.
« Je veux le libérer, le glorifier ; +
16 de longs jours, je veux le rassasier, *
et je ferai qu'il voie mon salut. »

Lecture de la parole de Dieu :

  • Lecture de la seconde lettre de Saint Paul, apôtre, aux Corinthiens (2Co1 3-7)
  • Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père plein de tendresse, le Dieu de qui vient tout réconfort. Dans toutes nos détresses, il nous réconforte ; ainsi, nous pouvons réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu.
  • En effet, de même que nous avons largement part aux souffrances du Christ, de même, par le Christ, nous sommes largement réconfortés. Quand nous sommes dans la détresse, c’est pour que vous obteniez le réconfort et le salut ; quand nous sommes réconfortés, c’est encore pour que vous obteniez le réconfort, et cela vous permet de supporter avec persévérance les mêmes souffrances que nous. En ce qui vous concerne, nous avons de solides raisons d’espérer, car,nous le savons, de même que vous avez part aux souffrances, de même vous obtiendrez le réconfort.

Intentions de prière :

Intentions proposées à partir d’un extrait de la lettre de Saint Paul, apôtre, aux Romains

  • 1 - « J’estime, en effet, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous ». (Rm18) 
  • Intention : Dieu notre Père, nous te confions tous tes fils les hommes en cette période d’épidémie mondiale. Fais que dans la tourmente ils sachent se tourner vers toi et garder une vraie solidarité envers tous.
  • R/. Sûrs de ton amour, et forts de notre foi, Seigneur, nous te prions !
  • 2 - « Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien »
  • Intention : Seigneur Jésus, toi le Bon Pasteur, à l’image de nombreux saints dans l’Histoire de l’Eglise, permets aux chrétiens de chaque pays et particulièrement de notre diocèse à se comporter généreusement envers les malades, dans leur prière fraternelle et dans la possibilité de leurs actions. 
  • R/. Sûrs de ton amour, et forts de notre foi, Seigneur, nous te prions !
  • 3 - « Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous». (Rm 8.34)
  • Nous te confions toutes les personnes qui vivent ce confinement dans la solitude de leurs maisons ou de leurs foyers d’hébergement, loin de leurs proches. Afin que notre prière soit pour chacun l’assurance de la sollicitude dont tu veux entourer chacun. Et pour tous les personnels soiugnants qui se dévouent avec générosité.
  • R/. Sûrs de ton amour, et forts de notre foi, Seigneur, nous te prions !
  • 4 - « J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur ».(Rm 8.38-39) 
  • Seigneur que cette épreuve vécue pendant ce temps du Carême fortifie notre foi, notre espérance et notre charité pour nous préparer à vivre d’une façon renouvelée la victoire en nos vies de ta résurrection.
  • Notre-Père
  • Oraison :
    Dieu qui es pour la vie et non pour la mort, tout ce qui vit attend de toi sa force ; dans ta pitié pour nous qui sommes tes enfants, ne nous laisse pas souffrir plus longtemps de cette épidémie ; aide-nous à vaincre ce fléau : alors nous pourrons te servir dans la joie et en toute liberté. Par Jésus Christ, ton fils notre Seigneur. Amen.
  • Saint Seurin, protecteur de la cité, priez pour nous
  • Saint Roch, priez pour nous
  • Saint Vincent de Paul et sainte Louise de Marillac, priez pour nous
  • Bienheureux Guillaume-Joseph Chaminade, priez pour nous
  • Vénérable Pierre Bienvenue Noailles, priez pour nous
  • Tous les saints et saintes de notre diocèse, priez pour nous.

Prière du pape François à la Vierge Marie (11 mars 2020)

  • O Marie,
    Tu brilles toujours sur notre chemin
    comme un signe de salut et d'espoir.

    Nous comptons sur toi, Santé des malades,
    toi qui, à la croix, unie à la douleur de Jésus,
    garde ferme ta foi.

    Toi, (salut du peuple romain),
    tu sais ce dont nous avons besoin
    et nous sommes sûrs que tu nous le procureras
    afin que, comme à Cana de Galilée,
    la joie et la célébration reviennent
    après l’épreuve.

    Aide-nous, Mère de l'Amour Divin,
    à nous conformer à la volonté du Père
    et à faire ce que Jésus nous dit,
    Lui qui a pris sur lui nos souffrances
    et s'est chargé de nos peines
    pour nous conduire à travers la croix,
    à la joie de la résurrection. Amen.
  • Invocation finale à Marie :
  • « Sous l'abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu. Ne méprise pas nos prières quand nous sommes dans l'épreuve, mais de tous les dangers délivre-nous toujours, Vierge glorieuse et bénie. »