Jeudi Saint

LES RDV POUR LA PAROISSE :

Sur la page Youtube de la paroisse

  • Introduction au Triduum Pascal

PROPOSITIONS :

  • Pour tous : vivre un temps de prière développé, avec le déroulé qui est disponible sur la page Youtube de la paroisse.
  • Chapelet sur KTO à 15h30 en direct de Lourdes
  • Messe sur KTO Messe de la Cène en direct de Rome, avec le Pape François.
  • Servir : en ce jour où nous fêtons l’institution du sacerdoce, écrire un email, une lettre ou un sms à un prêtre qui vous a marqué, pour le remercier et l’encourager dans sa vocation, en l’assurant de votre prière... et du coup, prier pour lui !
  • Pour les enfants et les jeunes : préparer pour le dîner du pain azyme, sans levain, comme au temps de Jésus. Recette ici.
  • Pour les plus grands : faire l’expérience de la prière de nuit, en prenant au cœur de la nuit un temps de prière dans sa chambre, ou dans le coin prière familial, en souvenir de Jésus à Gethsémani, à l’aide du texte suivant :

AVEC LE CHRIST JARDIN DE GETHSÉMANI 

I - Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani, et il dit aux disciples : "Restez ici, tandis que je m'en irai prier là-bas." Et prenant avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à ressentir tristesse et angoisse. Alors il leur dit : "Mon âme est triste à en mourir, demeurez ici et veillez avec moi." Étant allé un peu plus loin, il tomba face contre terre en faisant cette prière : "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux." Il vient vers les disciples et les trouve en train de dormir ; et il dit à Pierre : "Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ! Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible." (Matthieu 26, 36-41) 

C’est la seule fois où Jésus a explicitement invité les Apôtres à prier avec lui. Pourquoi maintenant ? Ils avaient tous dans le cœur et dans les yeux les paroles prononcées et les actes accomplis par Jésus au Cénacle. Jésus les a déjà introduits dans son mystère, et il se trouve à un moment décisif : l’heure est venue. Les paroles de Jésus sont succinctes et pourtant lourdes du poids de cette heure décisive, quand le Serviteur de Yahvé doit accomplir la prophétie d’Isaïe en disant « Oui ». Jésus ne peut plus éloigner ce calice, puisqu’il l’a transmis déjà à ses disciples, et qu’il est devenu le calice contenant le sang « qui va être versé ». Que signifient les mots : s’il est possible ? Après tout, c’est la prière du Fils de Dieu qui, dans la vérité de son humanité participe au mystère de la liberté divine. Rencontre de la volonté humaine de Jésus avec la Volonté éternelle de Dieu. Le Fils s’est fait homme pour qu’ait lieu cette rencontre de sa volonté humaine avec celle du Père. A cette heure, l’Amour éternel doit se confirmer par l’offrande du cœur humain. Le Fils ne refuse pas à son cœur de devenir l’autel, le lieu de l’élévation avant de devenir l’emplacement de la croix. Le fruit de cette prière est l’obéissance du Fils envers le Père : « Que ta volonté soit faite ». 

Prière :

Vous serez donc ma force, ô mon Dieu, vous serez mon guide, mon directeur, mon conseil, ma patience, ma science, ma paix, ma justice et ma prudence. J’aurai recours à vous dans mes tentations, dans mes sécheresses, dans mes dégoûts, dans mes ennuis, dans mes craintes, ou plutôt je ne veux plus craindre, ni les illusions, ni les artifices du démon, ni ma propre faiblesse, ni mes indiscrétions, ni ma défiance ; car vous devez être ma force dans toutes mes croix ; vous me promettez que vous le serez à proportion de ma confiance, et, ce qui est admirable, ô mon Dieu, c’est qu’en même temps que vous mettez cette condition, il me semble que vous me mettez cette confiance. Soyez éternellement aimé et loué de toutes les créatures, ô mon très aimable Seigneur ! Que ferais-je hélas ! si vous n’étiez ma force ? Mais l’étant, comme vous m’en assurez, que ne ferais-je point pour votre gloire ? "Je puis tout en celui qui me rend fort."

 

Silence

 

II - À nouveau, pour la deuxième fois, il s'en alla prier : "Mon Père, dit-il, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite !" Puis il vint et les trouva à nouveau en train de dormir ; car leurs yeux étaient appesantis. Il les laissa et s'en alla de nouveau prier une troisième fois, répétant les mêmes paroles.  (Matthieu 26, 42-44) 

Jésus est parfaitement un avec son Père, et son cœur a soif de s’unir comme dans une étreinte nuptiale à toute cette humanité blessée qu’il est venu rejoindre et racheter. A Gethsémani, les deux pôles de cette communion intime sont comme cruellement tranchés. Le Père semble absent, il ne fait pas entendre sa voix comme sur la montagne de la Transfiguration. Et l’humanité représentée par Pierre, Jacques et Jean – les mêmes qui étaient avec lui sur la Montagne de la Transfiguration – l’humanité dort d’un sommeil lourd de tristesse. Et Jésus angoissé cherche à s’arracher à la tristesse mortelle et crie après la Vie. Le va-et-vient, par trois fois, de Jésus dans ce récit, traduit cette angoisse. Il va vers le Père, mais le Père, en cette heure, est silence. Il vient vers les disciples, mais les disciples sont incapables de veiller, leur cœur appesanti est en ce moment loin du Seigneur. Jamais la terre n’a semblée aussi éloignée du ciel. Et jamais homme n’a vécu cet éloignement en son cœur, comme Jésus l’a vécu en cette nuit. C’est à ce moment là que le Cœur de Jésus est livré à la puissance des ténèbres, à toutes les puissances du péché. C’est à ce moment-là que Jésus supporte dans sa solitude toutes les conséquences du péché ; de notre péché personnel et du péché du monde. Il boit la coupe de l’amertume jusqu’à la lie. Tout le poids de l’histoire pécheresse, de toute l’humanité passée et à venir, pèse à ce moment-là sur lui et le broie. Car ce Cœur qui a tant aimé les hommes, ce Cœur parfaitement pur, innocent, saint, est le seul cœur humain qui ait pu être broyé à ce point par le péché, hors le cœur immaculé de Marie qui lui est parfaitement uni. La vulnérabilité est proportionnelle à la pureté. Le Cœur de Jésus, parce qu’il est parfaitement pur, est vulnérable jusqu’à l’extrême. En cette heure, Jésus expérimente en son Cœur toutes les détresses, toutes les épreuves, des plus petites aux plus inimaginables, qui sont le lot de la destinée humaine livrée aux forces de la mort. (P. Jean-Rodolphe Kars). 

Prière :

O mon Dieu, il faut que vous nous donniez un autre cœur, un cœur tendre, un cœur sensible, un cœur qui ne soit, ni de marbre, ni de bronze ; il nous faut donner votre Cœur même. Venez, aimable Cœur de Jésus, venez vous placer au milieu de ma poitrine et allumez-y un amour qui réponde, s’il est possible, aux obligations que j’ai d’aimer Dieu...

Sacré-Cœur de Jésus, apprenez-moi le parfait oubli de moi-même, puisque c'est la seule voie par où l'on peut entrer en vous. Faites en moi votre volonté, Seigneur. Je m'y oppose, je le sens bien ; mais je voudrais ne pas m'y opposer. C'est à Vous à tout faire, Divin Cœur de Jésus. Amen

 

Silence

 

III - Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. Entré en agonie, il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu'il trouva endormis de tristesse, et il leur dit : "Qu'avez-vous à dormir ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation." (Luc 22, 43-46) 

Pierre Jacques et Jean n’ont pas su répondre à l’appel de participer à la prière de Jésus. Le conseil est devenu reproche... C’est pour ainsi dire l’Eglise entière qui entend constamment ces mêmes paroles et les prend sur elle, en recherchant par conséquent cette heure perdue durant laquelle Jésus est resté seul à Gethsémani. Et voici que l’Eglise recherche sans cesse cette heure perdue dans le Jardin des Oliviers, perdue par Pierre, Jacques et Jean, pour réparer cette désertion, et cette solitude du Maître qui a accru sa souffrance. Il n’est plus possible de replacer cette heure dans son identité historique. Comme telle, elle appartient au passé, demeurant à jamais dans l’éternité de Dieu. Toutefois, le besoin de la retrouver est un besoin des cœurs, de ceux qui vivent en profondeur le mystère du cœur de Dieu. Et Jésus nous permet en quelque sorte de le retrouver continuellement dans cette heure écoulée et irréversible, humainement parlant, et, comme jadis, il nous invite aujourd’hui à prendre part à la prière de son cœur qui embrasse toutes les générations d’hommes : « Voici quelles sont, d’âge en âge, les pensées de son cœur : délivrer leurs âmes de la mort et les nourrir dans leur faim » (Ps 33, 11.19, antienne d’entrée de la Messe de la Fête du Sacré-Cœur). Comme ce mot « veillez » était chargé de sens ! Le Christ reporte sur nous l’heure de la grande épreuve qui ne cessera jamais d’être à la fois l’épreuve vécue par ses disciples et celle vécue par l’Eglise entière. Cette prière à Gethsémani est le commencement de la grande Plénitude (cf. Jn 19, 30 : tout est accompli), le début de l’action rédemptrice et de l’œuvre dont l’homme et le monde continuent à puiser à pleines mains les richesses, car dans cette œuvre, dans la Rédemption, l’amour incommensurable de Dieu pour l’homme et le monde s’est manifestée. (d’après St Jean-Paul II)

 

Prière :

« Jésus-Christ mon Seigneur et mon Dieu... je m'unis à cette offrande divine que vous faites à votre Père ; et je vous consacre tout mon être, vous priant de détruire en moi le péché et de ne pas permettre que je sois séparée de vous éternellement. »            (Prière de Sainte Marguerite-Marie Alacoque)

 

Silence