Lettre paroissiale

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Bonne lecture !

Mercredi 1er Avril

5ème semaine Carême

Confinement semaine 3 (n°4)

«  Les chrétiens qui ne rient jamais ne sont pas sérieux  » (Pères du désert)

NE RIEN FAIRE D’AUTRE … QU’ÉCOUTER  

A genoux dans une église, un homme vide son cœur devant Dieu. Au bout d’un moment il lui dit : « Pourquoi, quand on est là tous les deux, je suis toujours le seul à parler ? »

Et Dieu de lui répondre : « Peut-être parce que de nous deux, je suis le seul qui écoute... »

Editorial

Bien chers tous,

Un membre de l’Académie Française a écrit un livre intitulé : « l’art presque perdu de ne rien faire. » Je ne l’ai pas lu mais je trouve le titre magnifique.  Ne rien faire… j’imagine que certains d’entre nous en font particulièrement l’expérience en ce moment !  Mais en quoi cela pourrait être un art ? Ne rien faire, est-ce avoir l’esprit vide et subir le temps qui s’étire sur d’interminables journées ? Vu ainsi, ce n’est pas vraiment un art. L’art implique un travail et des outils. Mais quels sont-ils ?

Il me semble que ce travail consiste à être avant de faire. Un travail où l’on ne fait rien ? Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire… Peut-être qu’un des enseignements de la période que nous traversons est de découvrir que nous ne sommes pas au centre de tout, que tout ne dépend de nous, de nos idées, de nos projets. En ne « faisant rien », nous apprenons à nous recevoir d’un Autre. « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? » (Mt 6,23-24) C’est parce que nous avons beaucoup de prix aux yeux de Dieu qu’Il nous demande, qu’Il nous supplie de ne pas nous laisser aller à la désolation ou à l’activisme, mais de le laisser habiter notre temps. Saint Paul nous le rappelle : « Car c’est Dieu qui agit pour produire en vous la volonté et l’action, selon son projet bienveillant. » (Ph 2,13). Pourquoi s’agiter ou s’inquiéter si nous ne donnons pas au Seigneur notre temps pour le laisser nous former et nous transformer ? Jésus le dit lui même : « sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5).

Voilà pour le travail. Maintenant, regardons les outils. Je vous en propose deux :

Prenez le temps de ne rien faire et de vous ennuyer, longuement, à lire un Évangile. Prenez bien le temps, surtout ne vous précipitez pas. Une ou deux pages par jour c’est déjà un gros travail ! Faites le jusqu’à ce que cette Parole pénètre en vous comme une substance vivante imbibant le sol le plus assoiffé, la plume de canard la plus imperméable ou la pierre la plus dure qu’est peut-être votre cœur. Qu’en retirer ? Quelle utilité ? Que voilà de mauvaises questions ! Faites-le, laissez vous faire. C’est Dieu qui vous parle. A vous. Personnellement. Il veut vous révéler « le secret du roi. » (Tb12,7)

Prenez le temps de ne rien faire, de taire vos jugements, de faire l’effort de regarder autour de vous une toute petite chose jusqu’à vous en émerveiller. Regardez bien ! Pas comme d’habitude. Prenez le temps de voir ce que vous n’aviez jamais remarqué. Puis essayez de faire de même sur celles et ceux qui vous entourent. Prenez le temps de vous émerveiller de ce que vous ne voyez plus depuis si longtemps chez votre conjoint, chez vos enfants, et qui, pourtant, vous a fait les aimer un jour.

            Allez, courage ! Ne faites rien ! Quel sacré travail que celui-ci !

                                                                                                                                                      P. Guillaume

     

Les Annonces de la Paroisse

Gardons le contact : Avec les mesures de confinement, vous vivez un isolement ? Vous pouvez contacter le correspondant de votre ville ou quartier pour demander à être mis en relation avec quelqu’un pour échanger, partager, prier au téléphone. Vous voulez donner du temps pour prendre contact avec les personnes isolées de votre quartier ou ville ? Appelez le correspondant pour lui donner vos coordonnés, afin qu’il vous mette en relation avec une personne. Onglet « gardons le contact »

  Pour nous joindre en ce moment

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tel : 06 33 21 79 16

mail : secteurpastoral.abmami@orange.fr

NOUVELLES DES PAROISSIENS CONFINÉS

Maïté, retraitée

Maïté, soignante retraitée de notre paroisse (Mios), vient d’être contactée pour faire partie des renforts sanitaires potentiels pour apporter son aide aux personnels des hôpitaux dans le contexte de l’épidémie actuelle. Membre volontaire de service civique d’urgence, elle confiait néanmoins sa « peur » d’être confrontée à cette maladie de près, même si « je ne suis pas toute seule dans ce cas ». Comme beaucoup d’autres, ajoute-t-elle, le confinement n’est pas facile : « rester chez soi toute la journée, ce n’est pas évident, une fois qu’on a rangé tous les placards... ». Heureusement, avec la famille et les amis, on se téléphone et c’est réconfortant. On a la prière aussi qui nous tient et je pense spécialement aux familles qui ne peuvent pas accompagner leurs proches malades.

 

Sarah, jeune lycéenne

Ce qui me fait le plus de peine est de ne pas pouvoir voir mes ami(e)s, de ne plus pouvoir pratiquer toutes mes activités extrascolaire (danse, aumônerie, gym...), et de ne plus pouvoir aller à la messe. De plus le voyage en Espagne auquel je devais participer est annulé ce qui m'attriste car je devais y retrouver des amies. Sinon je suis un peu angoissée à l'idée que le confinement dure longtemps.

Mais je suis quand même heureuse car les cours continuent en visioconférences tous les matins et je peux passer du temps avec ma famille dehors, on construit plein de choses dans notre jardin. C'est parfois compliqué mais ça fait du bien de passer du temps tous ensemble. Et puis je peux consacrer plus de temps à lire, écouter de la musique, chanter, faire du sport...

Afin de rester connectée au Seigneur, je regarde chaque jour la messe en direct que vous célébrez, j'écoute des chants de louanges, j'ai une application avec les textes de la bible et je prie chaque soir.

Françoise, secrétaire paroissiale

D’un point de vue « matériel », pour nous, ce confinement se passe plutôt bien : nous pouvons nous aérer dans le jardin ! Côté spirituel : merci aux prêtres et à Thibault de célébrer chaque jour la messe, merci aussi pour le site de la Paroisse très complet. C’est une grande aide pour cheminer jusqu’à Pâques. Ce Carême 2020 est très spécial, la prière est très présente mais aussi l’ordinateur, la télévision ….. c’est un Carême 2.0 ! Les messes du dimanche à l’église me manquent. C’est comme un grand vide dans mon cœur.

Maryse, aumônière au Pôle Santé

Pour le pôle santé hélas nous n’avons plus l’accès selon les recommandations [sanitaires]. Cependant nous avons été appelé deux fois pour prier et soutenir la prière de personnes en fin de vie qui voulaient vivre le sacrement des malades. Mais ces demandes ont eu lieu au début du confinement et depuis... plus rien.

La pastorale de la santé cherche une façon d’informer le personnel de la possibilité de répondre aux demandes des malades. Je sais que pour le service d’oncologie de la clinique, [les malades] ont la possibilité d’avoir une personne auprès d’eux.

Notre équipe de l’aumônerie d’hôpital, composée de 5 personnes issues de différentes paroisses, communique sur WhatsApp [réseau social sur téléphone -ndlr] et nous restons en communion par la prière avec les malades. Toutes ces nouvelles technologies sont tout de même formidables !

En ce qui me concerne, je reste en lien avec les malades puisque je travaille à la clinique Saint Martin en médecine et il faut palier l’absence des familles et l’angoisse des patients face à cette maladie. Prions donc les uns pour les autres.

LE MOT DU PAPE : « les rides : une beauté et une promesse »

Même les rides « ont une beauté » et elles sont « une promesse », souligne le pape François dans le septième épisode de l’émission ‘Je crois’ sur le thème « la résurrection de la chair », diffusé ce 30 mars 2020 sur la chaîne de la Conférence épiscopale italienne.

Dialoguant avec don Marco Pozza, aumônier de la prison de Padoue, le pape parle de « la déchéance de notre santé, de notre beauté naturelle ». Et de citer l’actrice Anna Magnani répondant à ceux qui lui suggéraient de se faire lisser les rides : « Non, non, laissez-les comme elles sont, j’ai mis tant d’années à en avoir… ».

 « Nous cherchons toujours à couvrir ce qui est laid et nous sommes habitués à le faire, nous ne croyons pas que ces choses ont une beauté et qu’elles sont une promesse », poursuit-il en évoquant la vie éternelle. Le pape encourage : « Le symbole de l’espérance est l’ancre… jette-là et prend la corde. Si nous avons les mains sur la corde de l’espérance, nous serons sur une bonne voie. ». L’on peut aussi « parler avec les défunts, parler avec nos ancêtres », explique-t-il encore : « parce qu’il y a la première résurrection – et puis elle sera universelle pour tous – mais eux sont déjà devant Dieu ».

                                                                                                                                                                      Pape François 30 mars